BTP : vers un ralentissement du marché dans les prochains mois ?

BTP : vers un ralentissement du marché dans les prochains mois ?

En ce début d’année, les professionnels du bâtiment profitent toujours de la reprise entamée il y a deux ans. Cependant, ils s'inquiètent du récent recul des ventes de logements neufs et des coups de rabot opérés sur les aides à l'accession.

Une année 2018 qui démarre sur les chapeaux de roues pour le BTP

En ce début d’année 2018, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) constate que « la reprise se poursuit » sur le marché. « Après une hausse confirmée à près de 5 % en volume l'année dernière, les chiffres disponibles sur les premiers mois de 2018 s'avèrent plus qu'encourageants, malgré des conditions climatiques assez difficiles », précise la FFB. Les mises en chantier ont ainsi progressé de 6,5 % sur les trois mois achevés fin janvier, et même de 15,7 % pour les surfaces non résidentielles, tandis que sur le marché de l'amélioration-entretien, le début d'année s'inscrit « dans la bonne lignée de la fin 2017 ». En 2017 la reprise a permis au secteur du bâtiment de créer 19 900 postes, dont 9 300 salariés et 10 600 intérimaires, se réjouit la fédération de professionnels. En revanche, si « la baisse des demandeurs d'emploi dans la construction s'avère soutenue », des « difficultés d'embauche commencent à peser sur la vie des entreprises », constate-t-elle.

Marché Construction Logements Neufs
Pour le moment, le marché poursuit la belle dynamique entamée en 2017. © FFB

Le pouvoir d'achat immobilier des Français chute 

Les professionnels s’inquiètent, en revanche, du recul des ventes de logements qui « s'accélère sur la période récente ». Sur le marché de la maison individuelle, sur les trois mois achevés fin janvier, la chute est de 17,4 % comparé à la même période un an plus tôt, tandis que les ventes de la promotion immobilière baissent de 3,8 %. Un décrochage qui s’explique principalement par une dégradation de la solvabilité des ménages, suite aux hausses des prix immobiliers et aux mesures prises par le gouvernement, telles que le « rabotage » des aides (Prêt à taux zéro, dispositif Pinel, APL Accession) qui « conduisent à une déstabilisation des marchés ». La fédération s'inquiète également du « grand flou qui règne autour de la future loi en faveur de la transition énergétique ». « Les paramètres de la prime qui doit remplacer le crédit d'impôt transition énergétique (CITE) ne sont toujours pas connus, pas plus que l'avenir » du label Reconnu garant de l'environnement (RGE), selon la fédération.