Les professionnels de l'immobilier s’inquiètent d’un éventuel arrêt du dispositif Pinel

Les professionnels de l'immobilier s’inquiètent d’un éventuel arrêt du dispositif Pinel

En l’état actuel, le dispositif Pinel prend fin le 31 décembre 2017 et son éventuelle prolongation n’a pas été annoncée. L’inquiétude monte chez les professionnels de l'immobilier à l’heure où le gouvernement annonce vouloir faire des économies.

La disparition du dispositif Pinel, un non-sens économique ?

Depuis plus de 30 ans, la défiscalisation sur l’investissement locatif est l’un des moteurs puissants de la construction de logements neufs en France. Or, le 31 décembre se profile et le dispositif Pinel n’a pas été légalement prolongé. Le gouvernement serait-il attentif à ceux qui pointent du doigt son coût excessif pour les finances publiques ? En effet, en 2016, le Pinel et surtout son prédécesseur, le Scellier, ont coûté 1 Md€ à l’Etat. Craignant que cet attentisme de l’Etat dissimule mal sa volonté d’en finir, les acteurs du secteur fourbissent leurs armes pour en démontrer l’efficacité. Plus d'une vente sur deux se fait aujourd'hui en Pinel, assure ainsi la Fédération des promoteurs immobiliers. Théseis, un des commercialisateurs du dispositif, met en avant les gains immédiats pour l'État : plus de recettes de TVA et plus d'emplois créés. S’ils consentent à recentrer le Pinel sur les zones tendues, la disparition du dispositif serait donc pour eux un non-sens économique.

Vers un recentrage de la loi Pinel ?

Un recentrage permettrait-il de faire des nouvelles économies ? Pas autant peut-être que l’espèrerait le gouvernement, même si de plus en plus de villes situées dans les zones les moins tendues de France obtiennent des dérogations pour proposer à leur tour le dispositif, soit plus de 900 villes situées dans la zone B2 et à peine une poignée en zone C. Certaines villes ayant obtenu des dérogations disposent déjà d’un marché locatif trop fourni. Le laboratoire de l'immobilier, expert du secteur, met en avant, dans certaines d’entre elles, des taux de vacance trop élevés. Les investisseurs doivent donc savoir que le Pinel n’est pas automatiquement une bonne affaire : perte de l'avantage fiscal faute de locataire et risque de revente à perte. Le recentrage du Pinel dans les seules zones tendues éviterait les dérives du Robien, sans pour autant régler le problème de son financement.