Les ventes de logements neufs s'envolent mais jusqu'à quand ?

Les ventes de logements neufs s'envolent mais jusqu'à quand ?
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Le marché de l'immobilier neuf reste dynamique, mais des signes d’attentisme, liés aux incertitudes gouvernementales à venir, sont déjà perceptibles. Les prix affichent une hausse moyenne de 1,6 %, plus marquée en province qu’en Île-de-France.

152 834 ventes de logements neufs en un an !

A moins d’une semaine de la présentation du Plan Logement au Conseil des Ministres, la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) publie les chiffres semestriels de son Observatoire. Plusieurs indicateurs restent élevés :

  • 152 834 ventes en un an, + 12,4 % par rapport aux 12 mois précédents.
  • 111 605 mises en vente en un an, + 5,5 %  par rapport aux 12 mois précédents.

Pourtant, derrière ces chiffres semestriels très positifs se cachent des signes montrant un deuxième trimestre en demi-teinte, notamment au niveau des ventes aux particuliers.

reservations semestrielles logement neuf

Ralentissement des ventes des logements neufs aux particuliers

Si les réservations se maintiennent à un niveau élevé, le nombre total des logements réservés au deuxième trimestre (40 121 logements) est inférieur à  celui du deuxième trimestre, de l’ordre de 1,1 %. Une baisse légère mais qui intervient après 10 trimestres de hausse consécutive. Mais plus significatif est le fait que ce sont les ventes au détail, donc aux particuliers, qui baissent de 4,2 % avec un impact sur les deux marchés de l’accession à la propriété (- 6,4 %) et de la vente aux investisseurs (- 2,2 %). C’est donc la forte hausse des ventes en bloc (SCPI et bailleurs sociaux) au second trimestre avec 6 650 unités, soit + 28 % qui permet de contenir la baisse globale des ventes.

reservations trimestrielles immobilier neuf

L’effort pour la relance de la construction faite par les promoteurs commence à se faire sentir. Il faut environ 2 ans pour acheter un terrain, trois ans pour construire. C’est un processus long et une dynamique qu’il ne faut pas casser ».

Marc Villan, président de la FPI Île-de-France

Le nombre des logements mis en vente n’a jamais été aussi haut depuis 2011 !

Avec 37 387 lancements commerciaux au deuxième trimestre et près de 66 000 depuis le début de l’année, le nombre des logements mis en vente n’a jamais été aussi haut depuis 2011. Mais l’effet de ciseau entre une offre dynamique et une demande ralentie se traduit par une légère reconstitution de l’offre des logements neufs disponibles à la vente ( + 4 %) qui représente 9,9 mois de délai d’écoulement contre 9 mois fin mars. Des disparités existent bien évidemment : à Bordeaux, le délai d’écoulement n’est que de 6,2 mois et à Nantes de 7,1 mois, mais s’allonge à plus de 11 mois sur Lille et Strasbourg.

Bon à savoir

En 2011, les mises en vente du premier semestre s’élevaient à 65 405 unités pour chuter à 48 257 au premier semestre 2014, 52 501 au premier semestre 2015. L’an dernier, elles étaient à 61 603 unités.

Une hausse du prix de l'immobilier contenue en 2017

L’offre s’étant développée, les prix enregistrent une hausse limitée à 1,6 % France entière, fixant le prix moyen à 4 105 €/m² au second trimestre 2017 contre 4 041 €/m² en 2016. L’Île-de-France observe une augmentation de 0,3 % à 4 850 €/m² et la province de 2,9 % à 3 778 €/m². Une évolution qui marque de fortes disparités :

  • 3 891 €/m² pour Bordeaux métropole (+ 6,7 %).
  • 4 096 €/m² pour Métropole Aix-Marseille (+ 6,2 %).
  • 3 136 €/m² pour Métropole Rouen Normandie ( + 5,1 %).
  • 4 031 €/m² pour Lyon Métropole (+ 3,6 %).
  • 3 085 €/m² pour Dijon (+ 3,4 %).
  • 3 000 €/ m² pour Angers Loire Métropole (- 0,7 %).

prix-logementneuf2017

Le cri d’alarme de la Fédération des Promoteurs Immobiliers

Il ne faut pas casser un outil qui marche. Tel est le leitmotiv de la Fédération depuis la révision du prêt à taux zéro, du dispositif Pinel. Et les chiffres sont là pour abonder dans ce sens même si la forte attractivité des taux d’intérêt a été également un élément déclencheur pour les acheteurs. A quelques jours du Conseil des Ministres, la Présidente entend donc se faire entendre sur la solvabilisation de la demande, la libération de l’offre, le choc de simplification, la nécessaire révision de la fiscalité sur les terrains, la réduction des recours abusifs sur les permis de construire, l’aberration d’une fiscalité supplémentaire sur la pierre…

L’amoindrissement du taux de réduction du dispositif Pinel et le redécoupage des zones sont un frein non seulement sur le lancement des programmes, 50 % d’une opération se faisant bien souvent grâce aux ventes à des investisseurs, mais aura des répercussions sur le marché de l’accession et sur celui de la location. L’investissement locatif est la clé de voûte du système ».

Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI