Gérard Bienfait : « nous construisons des résidences qui font bouger l'immobilier »

Gérad Bienfait, Président de VINCI Construction France. © Augusto Da Silva/Graphix Images
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Proposer un logement de qualité à un prix défiant toute concurrence c'est le pari que s’est fixé VINCI Construction France en lançant la marque Primméa. Gérard Bienfait, Président de cette filiale du géant du BTP VINCI, nous explique sa stratégie pour arriver à ce défi.

SeLogerNeuf. Avec Primméa, VINCI Construction France se lance dans le logement. Il est pourtant davantage connu du grand public pour ses activités liées au génie-civil, aux grands travaux mondiaux…Pourquoi vous intéressez-vous au logement ?

Gérard Bienfait. Je dirai tout d’abord que le logement fait partie depuis longtemps de notre cœur de métier puisque nous construisons pour les promoteurs  et les institutionnels des logements privés et sociaux. Cette activité de construction de logements représente d’ailleurs plus de 25 % de notre activité. Mais aujourd’hui, nous voulons être acteur à part entière de ce secteur et donc construire des logements que nous concevons de A à Z. Nous voulons mettre notre force et notre capacité d’innovation au service du logement pour construire davantage, plus vite et moins cher tout en respectant la qualité.

Vous visez plus particulièrement les primo-accédants. Pourquoi ?

Nous voulons ouvrir le marché de l’accession à des personnes qui sont actuellement locataires du parc privé ou social  pour leur permettre de devenir propriétaire et de commencer un parcours résidentiel. Depuis des années, le déficit de construction de logements est abyssal  puisque 300 000 logements seulement sont produits alors qu’il en faudrait 800 000. Or, ce manque d’offre pèse sur les prix et impacte directement les ménages les plus modestes. Ce sont les primo-accédants qu’il faut aider en priorité en leur proposant une offre adaptée à leur budget. Ce que nous faisons avec Primméa.

Pouvez-vous nous décrire votre offre Primméa ?

Notre volonté est de se positionner sur un logement qui allie la qualité à un prix de l’ordre de 30 % inférieur à celui que l’on trouve actuellement sur le marché. Nous tenons à faire un logement « premium » avec des surfaces spacieuses. Nos 3 pièces font par exemple 63 m². Nous attachons également de l’importance au bien-être des futurs occupants en proposant des appartements lumineux et des grands balcons. La réduction du prix ne doit pas se faire au détriment de la qualité.

Ce sont les primo-accédants qu'il faut aider en priorité en leur proposant une offre adaptée à leur budget ».

L'accession à la propriété a reculé de 3 % fin 2014 selon la FPI

Comment arrivez-vous à ce défi de baisser de 30 % le coût d’acquisition d’un logement Primméa ?

Nous  jouons sur plusieurs leviers. Nous agissons très en amont puisque nous avons en main le moteur de la fabrication. Nous intégrons nos processus de réalisation dès la conception de la résidence avec les architectes et les bureaux d’études et nous utilisons les innovations numériques, ce qui permet d’appréhender plus concrètement les projets et les évolutions du chantier. Ainsi, le suivi sera plus fluide et plus précis, en temps réel et à coûts réduits. Nous sélectionnons nos fournisseurs pour avoir un effet masse qui diminue le coût des produits.

En dehors de ces leviers liés à la partie fabrication du bâtiment, sur quels autres maillons de la chaîne vous appuyez-vous ?

Déjà, à la base, nous analysons l’offre foncière. Nous travaillons en étroite collaboration avec les collectivités locales qui sont des acteurs majeurs pour trouver des emplacements de qualité à prix maîtrisés ou abordables.  A l’autre bout de la chaîne, nous avons noué des partenariats avec Constructa vente pour la commercialisation et avec le Crédit Foncier pour le financement. Nous avons demandé au premier d’être performant sur le coût de la commercialisation et au second de proposer des produits innovants pour les primo-accédants. Ce partenariat collaboratif, ajouté à nos méthodes innovantes de construction, renforce notre volonté de faire bouger les lignes du logement et contribue à le rendre plus accessible.

Nous agissons sur tous les maillons de la chaîne du logement pour le rendre plus accessible ».

Le prix moyen du m² neuf en régions s'élève à 3 604 €

En matière de développement durable, quelles sont vos exigences ?

Nous  construisons bien évidemment selon les normes de la RT 2012. Mais nous sommes défavorables à un empilement de normes et de labels qui sont lourds à mettre en place et coûteux. Nous réfléchissons cependant à fabriquer un logement plus qualitatif en matière de développement durable. Notre filiale Arbonis  travaille sur un mur à ossature bois qui remplacerait la maçonnerie traditionnelle en façade et augmenterait les performances techniques au-delà de la règlementation sans agir sur le coût du logement.   

Vous avez parlé de bien-être dans les logements. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de jardins partagés en toiture des immeubles mais aussi des services en pied d’immeuble. Allez-vous dans cette direction ?

Nous travaillons sur un concept plus large que le bâtiment puisque nous nous préoccupons en effet du bien-être. Nous réfléchissons à des toitures végétalisées et partagées sur des immeubles  qui seraient plus hauts que ceux que nous construisons actuellement. Aujourd’hui, nos trois programmes ont deux ou trois étages. A l’avenir et dans des sites très urbains, nous imaginons une quinzaine d’étages. En rez-de-chaussée, nous regardons également la possibilité d’installer une crèche, une conciergerie…

En termes de développement, quels sont vos objectifs ?

Nous allons accélérer notre production pour participer, à notre échelle, à résoudre la crise du logement. Nous visons d’ici 2016 la production  de 1 200 appartements dans des secteurs particulièrement tendus comme la région parisienne, Lyon, Marseille, Montpellier.

VINCI Construction France

VINCI Construction France, filiale du groupe VINCI et numéro 1 français du BTP, intervient dans tous les métiers du bâtiment, du génie civil, de l’hydraulique et des métiers de spécialité. Son chiffre d’affaires, en 2014, était de 6,6 milliards d’euros.

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