David Giraud : « Allier le plaisir de la montagne et l’achat patrimonial »

David Giraud, présisent du groupe MGM. ©DR
partage(s)

La montagne, çà vous gagne. Ce slogan, Français et étrangers, notamment dans les Alpes, l’ont adopté, pour le ski, l’après-ski et la valeur refuge de la pierre. David Giraud, président du groupe MGM, spécialiste du marché savoyard nous livre son analyse du marché et de ses prochaines tendances.

Selogerneuf. Promoteur savoyard depuis plus de 50 ans, vous vous définissez comme un spécialiste du haut de gamme en résidences de tourisme. Que recouvre cette notion de haut de gamme dans les stations alpines ?

David Giraud. Le groupe, créé par mon père, a toujours misé sur la conception et la réalisation du haut de gamme en montagne. Cette notion s’apprécie au travers de divers critères. D’une part, le choix de la station qui repose sur la desserte en remontées mécaniques, les capacités des centres culturels et sportifs, les commerces. Ce qui signifie qu’il n’y a pas que les stations de haute altitude où nous sommes présents mais aussi celles de moyenne altitude dès l’instant où l’environnement et la liaison avec de grands domaines skiables sont affirmés. D’autre part, l’implantation de la résidence dans la station et sa qualité au niveau des matériaux et des espaces communs sont essentielles.

Votre groupe n’est donc pas uniquement polarisé par les stations de haute altitude ?

Absolument pas. Nous sommes bien sûr présents à Tignes, aux Arcs, à La Plagne, à Méribel…mais aussi à Samoëns, Champagny-en-Vanoise, Valmorel…Certes, l’enneigement dans les stations d’altitude moyenne ou basse est plus aléatoire. Pour autant, les stations ont su déployer des activités  ne reposant pas uniquement sur le ski. Toutes les études montrent que propriétaires ou locataires ne viennent pas pour dévaler tout shuss des pentes huit heures durant mais pour pratiquer un ski plaisir et les stations ont d’ailleurs adapté leur forfait.

Il faut plus que jamais allier montagne, bien-être pour soi ou les siens

La clientèle recherche un espace bien-être dans les résidences.

Et vous, en tant que promoteur, avez-vous adapté vos résidences en fonction des nouvelles attentes ?

Tout à fait et depuis longtemps d’ailleurs, bien avant que le dévalement des pentes soit moins à la mode. Divers voyages aux Etats-Unis nous avaient mis sur la piste du bien-être et de l’après-ski. Aussi, dès nos premiers lancements, nous avons conçu nos résidences avec piscine, hammam, sauna. Ces espaces, dans nos dernières réalisations de Chantel, de Tignes ou de Valmorel sont nettement plus généreux, s’accompagnent de bassins de piscine pour enfants dans nos toutes dernières résidences, de salles de massage pour parents et enfants, de cabines de soins de beauté. Il faut plus que jamais allier montagne, bien-être pour soi ou les siens. Nos clients viennent à la montagne pour se ressourcer.

On a l’impression qu’à la montagne comme à la mer, les acquéreurs ou leurs locataires veulent de plus en plus de services. Jusqu’où pouvez-vous aller ?

Ce n’est pas qu’une impression. C’est une réalité. Nos clients veulent un package avec réfrigérateur rempli selon leurs besoins, ménage prévu, ski dans les casiers le jour de l’arrivée, cours de ski réservés, service accueil 24h sur 24... Et ce type de demandes va s’accentuer.

L’ADN du groupe MGM étant la montagne, des liens étroits se tissent avec les municipalités

MGM dispose d'une trentaine de résidences dans les Alpes.

Au niveau du logement, quelles sont les demandes ?

Nos clients , investisseurs ou locataires, recherchent un art de vivre avec des belles surfaces à habiter, des terrasses, des salles de bains spacieuses, des dressings. Ils ont envie de vivre comme chez eux, avec le même confort.

Mais comment concilier l’équation coût de la construction élevée en montagne et prix de vente que les investisseurs ne veulent pas voir augmenter ?

Le foncier est très rare et non extensible puisqu’il est enfermé par les montagnes. Pour acquérir du terrain, on se tourne vers des biens appartenant à des familles qui veulent vendre, vers des hôtels non rentables dont les propriétaires veulent se séparer. Mais la majorité des terrains provient des municipalités qui veulent un opérateur pouvant répondre à un cahier de charges stipulant résidences de tourisme, résidences classiques de copropriété, hôtels… L’ADN du groupe MGM étant la montagne, des liens étroits se tissent avec les municipalités. Certains coûts de construction sont incompressibles : le transport des matériaux en altitude, les toitures en lauze, les gouttières en zinc…Pour avoir un bon rapport qualité-prix, nous ne rognons pas sur les prestations  mais nous utilisons au mieux chaque m² intérieur.

Quels conseils pouvez-vous donner à un investisseur ?

A la montagne comme ailleurs, l'investisseur doit rechercher la qualité de l'emplacement et la fréquentation de la station pour être sûr de louer le plus possible en hiver mais également pendant la période d'été. La qualité de la construction et des prestations est évidemment à privilégier puisqu'elle assure la valeur patrimoniale du bien. Il ne faut pas focaliser sur un avantage fiscal qui peut disparaître d'un jour à l'autre mais miser sur la qualité intrinsèque du bien.

David Giraud, président du groupe MGM

Le groupe MGM a fêté ses 50 ans en 2013. A son actif, une trentaine de résidences à la montagne et une dizaine dans le bassin annecien. En 2014, la société a vendu 230 appartements.