Région Paca : le BTP broie du noir !

Région Paca : le BTP broie du noir !
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La baisse des dotations de l’Etat et des collectivités locales combinée aux retards accumulés sur le démarrage de certains chantiers plongent le secteur du BTP dans le rouge. L'impact est particulièrement rude en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La région Paca durement touchée par la crise du BTP

Le secteur public est dépendant à hauteur de 67 % de la commande publique. Une donnée essentielle pour un secteur comptant 834 établissements, employant 26 700 salariés et réalisant un chiffre global d’affaires de l’ordre de 3,9 milliards d’euros. Après une année 2014 morose, malgré l’accélération, en année électorale, de certains chantiers, 2015 se caractérise par l’attentisme : métropole politiquement en panne, horizon financier crypté pour les collectivités locales, etc. 2014 avait vu le chiffre d’affaires des entreprises du BTP fondre de 9 % ; il en sera de même en 2015, entraînant la perte de 1 300 emplois dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

C’est la pire année depuis 30 ans et il y a eu une accélération extrêmement forte des pertes d’emplois en 2015 ».

Bruno Cavagné, président de la fédération nationale des travaux publics (Fntp)

Quelle mesure pour relance le BTP dans les régions ?

Conscient de la récurrence de cette crise, le gouvernement a nommé, il y a trois ans, un médiateur national de la commande publique, Jean-Lou Blachier, dont la fonction clairement définie est de faciliter l’accès aux marchés publics pour les moyennes et petites entreprises. Vice-président de la CGPME, M. Blachier est conscient des difficultés rencontrées par les petites structures. Il organisait le 5 novembre à Marseille les assises de la commande publique pour expliquer à ces dernières qu’elles avaient leur carte à jouer, même dans un contexte de crise. Stéphane Bouillon, de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a fixé le cadre : « Les marchés publics pèsent énormément dans l’économie locale, de l’ordre de 812 M€ en 2014. Il n’est pas normal que les petites entreprises n’en bénéficient pas, par manque d’information ou de temps pour y répondre ». L’Etat a donc tenté de persuader ces dernières qu’elles pouvaient prétendre à une part du gâteau des 812 M€. Mais, la plupart du temps, elles ne font que récupérer ce que les grosses entreprises leur concèdent en sous-traitance. Et ce n’est pas en temps de crise que les bonnes vieilles habitudes changeront.

Il n’est pas normal que les petites entreprises ne bénéficient pas des marchés publics, par manque d’information ou de temps pour y répondre ».

Stéphane Bouillon, de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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