Logement neuf : a-t-on le droit d’émettre des réserves sur les parties communes ?

Lors de la livraison d’un logement neuf sur plan, il est indispensable de bien inspecter les parties communes de l'immeuble. Mais, en présence de malfaçons ou d'éléments non conformes, pouvez-vous émettre des réserves ?

Logement neuf sur plan : ne négligez pas les parties communes

Dans le cadre de l'achat d'un bien immobilier neuf en VEFA (Vente en État Futur d’Achèvement), la livraison des parties communes est une étape essentielle. Il est donc fortement conseillé de débuter la visite de réception par les parties communes de l'immeuble neuf, afin de vérifier que les éléments essentiels (boîte aux lettres, interphone, escaliers, portes de garage, pompe de relevage, VMC à double flux, etc.) sont bien conformes à ce qui était prévu dans le contrat. Si elle est très importante, cette étape est pourtant souvent perçue comme une simple formalité par les acheteurs immobiliers, qui préfèrent généralement se concentrer sur les parties privatives, c’est-à-dire sur leur appartement neuf en lui-même. Cela s’explique notamment par le fait que les parties communes des logements construits de nos jours intègrent des éléments de plus en plus nombreux et complexes, qui nécessitent des connaissances techniques et juridiques assez pointues pour en vérifier le bon fonctionnement.

Réception des parties communes : qui s’en charge ?

C’est le syndic élu par la première assemblée générale des copropriétaires qui devra procéder à l’état des lieux des parties communes de l’immeuble.

Participez au procès-verbal de réception des parties communes

Lors de la livraison de l’immeuble neuf, il n’appartient pas à l’acheteur d’émettre des réserves sur les parties communes, même en cas d’anomalies détectées : la signature de l’acte de livraison des parties communes est le rôle du syndicat de copropriété provisoire. Cependant, pour éviter que le syndic ne commette des oublis, qui pourraient ensuite vous coûter très cher, il est indispensable que l’assistance technique d’un maître d’œuvre ou d’un bureau d’études spécialisé dans la livraison des parties communes, soit votée au cours de la première assemblée générale, organisée par le promoteur immobilier. L’assistance de ces spécialistes est essentielle puisque ce sont les seuls qui pourront effectuer de manière précise les vérifications essentielles dans les parties communes. En présence de points litigieux (réserves) constatés par les spécialistes, le syndic pourra les transmettre au promoteur immobilier et exiger qu’ils soient retranscrits sur le procès-verbal de livraison. Cela permettra de prévenir d’éventuels contentieux en faisant jouer la garantie de parfait achèvement.

Conseil SeLoger

Il est essentiel de participer au PV (procès-verbal) de réception des parties communes pour vérifier que toutes les anomalies (réserves) sont bien notées.

Procès-verbal de livraison : que se passe-t-il en cas de réserves ?

Le procès-verbal (PV) de réception comprend des dates limites de levée des réserves, obligeant le promoteur à régler les points litigieux dans un délai maximum d’un an. Si rien n’a été fait à l’expiration de ce délai, il convient que le syndic de copropriété mette en demeure le promoteur immobilier de lever ces réserves. Le syndic doit fixer plusieurs propositions de rendez-vous au promoteur par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Sans réponse de sa part sous un délai d'un mois, il devra mettre le promoteur en demeure, en lui signifiant qu'en l'absence de réponse, il l'assignera devant la justice en demandant la levée des réserves sous astreinte financière. Néanmoins, pour que le syndic puisse assigner en justice le promoteur, il faut qu’une résolution soit votée lors de la 1re assemblée générale : celle-ci devra autoriser le syndic à engager une procédure judiciaire contre le promoteur pour la levée des réserves des parties communes, si celles-ci n’ont pas été levées aux dates d'échéances fixées dans le PV de réception. À défaut, le rapport du maître d’œuvre ou du bureau d’études spécialisé, pourra être utilisé pour appuyer un recours judiciaire.

Bon à savoir

Pour que le syndic puisse assigner le promoteur en justice pour la levée des réserves, il faut que cela soit approuvé lors de la 1ère assemblée générale, à la majorité des voix exprimées des copropriétaires.