Les Français veulent acheter un logement neuf, « coûte que coûte »

Xavier Beaunieux
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Concessions sur la surface et la localisation, aide des proches... Malgré la crise des matériaux qui met les prix des logements neufs en tension, les acheteurs se dépassent pour devenir propriétaires, comme nous le montre l’Observatoire du Moral Immobilier de SeLoger.

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Un immeuble neuf
Les Français sont moins nombreux à s’intéresser exclusivement au marché du neuf. ©Pixel to the People
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Faire le choix du neuf pour loger son enfant

Pour acquérir leur logement et faire de leur rêve immobilier une réalité, les acheteurs se dépassent ! S’ils sont moins nombreux à s’intéresser, exclusivement, au marché du neuf (8 % soit une baisse de 6 points par rapport à novembre 2021) par rapport à ceux qui sont déterminés à acheter dans l’ancien (67 %, les 25 % restants sont indécis), selon l’Observatoire du Moral Immobilier SeLoger réalisé en collaboration avec OpinionWay, les candidats à l’accession n’en sont pas moins motivés ! Il faut dire que pour un quart des sondés (26 %), le projet d’achat fait suite à un changement majeur dans leur vie privée et notamment à une naissance (40 % des cas). Un constat d’ailleurs exacerbé puisque la mesure a doublé depuis septembre 2020. Elle a notamment gagné + 14 points vs novembre 2021 pour atteindre le niveau le plus élevé jamais enregistré.

Dans 40 % des cas, le  projet d’achat d'un logement neuf fait suite à une naissance.

Opter pour le neuf pour sa maison dans le Sud-Est

Près de la moitié des sondés souhaite faire vivre leur famille dans une maison et ils sont de plus en plus nombreux (49 % en recherchent une, soit 7 points de plus par rapport à novembre 2021 et 12 points de plus par rapport à mai 2020, soit à la sortie du premier confinement). La maison individuelle séduit, particulièrement, les acquéreurs plus modestes ainsi que les ménages qui achètent à deux (entre conjoints). Dans une moindre mesure, 22 % des acquéreurs envisagent de s'orienter vers l'achat d'un appartement (- 9 points, c'est d'ailleurs la mesure la plus faible depuis le déconfinement de mai 2020). Enfin, 24 % des personnes interrogées se décideront selon les opportunités qui se présenteront.

Parmi les régions les plus prisées, le Sud-Est arrive en tête des territoires préférés des acheteurs dans le neuf (33 %), suivi par l'Île-de-France et le Nord-Ouest (20 % chacun), le Sud-Ouest (14 %) et enfin, le Nord-Est (13 %). A noter que l'Île-de-France regagne en attractivité auprès des acquéreurs intéressés par l'immobilier neuf pour la première fois depuis septembre 2020.

  • 33 % des porteurs d'un projet d'achat immobilier dans le neuf ciblent le Sud-est,
  • 20 % prospectent dans le Nord-Ouest et l'Île-de-France,
  • 14 % s'orientent vers le Sud-Ouest
  • et 13 % veulent acheter dans le Nord-Est. 

Devenir propriétaire dans le neuf pour moins de 300 000 €

Pour loger leur famille, les futurs acheteurs dans le neuf sont dotés d’une enveloppe variable selon leur profil. Jugez plutôt, 33 % des recherches actuelles portent sur des biens mis en vente à moins de 200 000 €. 59 % s’orientent vers l'achat d'une habitation à moins de 300 000 €. En parallèle, 39 % des acquéreurs recherchent un bien pour un budget de 300 000 € ou plus (ils n’étaient que 31 % à détenir cette enveloppe en octobre 2020) et un ménage sur dix envisage de s'offrir un logement de 500 000 € ou plus (contre 12 % précédemment).

  • 33 % des recherches concernent un bien neuf à  moins de 200 000 €,
  • 59 % ciblent un logement à moins de 300 000 €,
  • 39 % des acquéreurs recherchent un bien neuf pour un budget de 300 000€ ou plus (vs 31 % en octobre 2020)
  • et un ménage sur dix est en quête d'un logement coûtant 500 000 € ou plus (vs 12 % précédemment).

Acheter un logement neuf grâce à l’aide financière de sa famille

Pour boucler leur financement, les candidats à l’accession dans le neuf opteront pour un prêt immobilier dans 81 % des cas. Le recours aux prêts aidés, comme le prêt à taux zéro (PTZ) ou le 1 % logement, est moins envisagé : seulement un acquéreur dans le neuf sur cinq prévoit d’y faire appel (21 %; soit un recul de 5 points par rapport à novembre dernier). Rappelons que le PTZ n’est pas distribué dans les zones B2, territoires dits détendus, alors qu’il s’agit du terrain de jeu de prédilection des constructeurs de maisons individuelles.

Comme les taux d’intérêt remontent ces derniers temps (1,38 % en moyenne en mai 2022 selon l’Observatoire Crédit Logement CSA, soit + 28 points de base en trois mois), les personnes interrogées prévoient de mobiliser un apport personnel dans 79 % des cas. Ce chiffre grimpe à 88 % quand le projet est porté par un ménage CSP + et à 90 % quand il porte sur un investissement de 300 000 € ou plus.

D’ailleurs, le montant de l’apport a tendance à augmenter. 53 % des ménages prévoient de mobiliser plus de 10 % du montant du prêt (+ 5 points par rapport à novembre 2021), alors que ceux tablant sur un apport inférieur à 10 % du montant du crédit ne représentent plus que 14 % des candidats à l’accession dans le neuf (- 5 points par rapport à novembre 2021). Enfin, un acquéreur dans le neuf (19 %) sur cinq n'utilisera son apport que pour couvrir les frais de notaire . Rappelons que les frais de notaire dans le neuf s'élèvent à 2 à 3 % du prix du bien en moyenne, contre 7 à 8 % dans l'ancien.

Pour boucler leur financement, les candidats à l’accession dans le neuf n’hésitent plus à faire appel à leurs proches pour les aider à rassembler l’apport nécessaire à l’obtention d’un crédit immobilier. Un quart des ménages se tournent désormais vers leur entourage pour constituer cette cagnotte (23 %, + 7 points par rapport à novembre 2021). Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le début de la mesure, en octobre 2020. L’autre moyen de concrétiser son rêve consiste à faire des concessions. 76 % des candidats à l’achat dans le neuf sont prêts à en faire. Pour 39 % d’entre eux, cela concernera une baisse de la surface espérée, mais aussi, une localisation différente (27 %). Enfin, le prix d’achat pourrait être revu à la hausse (21 %), un indicateur en recul de 4 points par rapport à novembre 2021. Cela peut illustrer des efforts financiers importants et expliquer le plus fort recours aux proches…

Source : OMI (Observatoire du Moral Immobilier)

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