Le gouvernement a affirmé, le 10 avril, sa volonté de sortir des énergies fossiles en annonçant, entre autres, l’interdiction des installations de chauffage au gaz dans les constructions neuves. Explications.
Sortie des énergies fossiles : privilégier une énergie décarbonée
« Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres », a déclaré Sébastien Lecornu dans la cour de Matignon, dans un contexte de crise énergétique. Ainsi débutait l’ébauche d’un plan d’électrification du chauffage, mais aussi des transports, de l’industrie et de l’artisanat.
Le Premier ministre en a ainsi profité pour rappeler que la France dispose d’une électricité (d’origine nucléaire) produite sur son sol. D’ici 2030, le gouvernement s’est fixé comme objectif de passer de 60 % de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie à 60 % d’énergie décarbonée, c’est-à-dire nucléaire et/ou renouvelable.
Chaudières à gaz : interdiction dans le neuf à partir de 2027
L’interdiction des installations de chauffage au gaz dans les constructions neuves figure déjà dans les objectifs de la réglementation environnementale RE2020, qui encadre depuis 2022 toutes les constructions neuves de logements individuels.
En effet, l’installation d’équipements de chauffage au gaz dans les constructions neuves est interdite depuis le 1er janvier 2022, car ils ne respectent pas les normes imposées par la RE2020. Mais cela concernait les maisons individuelles. Les bâtiments collectifs ou tertiaires (locaux commerciaux, entrepôts…) sont à présent concernés. Et cela prendra effet « dès la fin de cette année ».
Le ministère du Logement et la Fédération française du bâtiment (FFB) rappellent que, dans l’immobilier neuf, un projet résidentiel collectif sur quatre prévoit encore d'utiliser un chauffage hybride, mixant gaz et électricité. Ces installations devront être « réajustées », a indiqué le Premier ministre.
Pompes à chaleur : une alternative favorisée
Le gouvernement voudrait faire sortir du gaz « deux millions de logements sociaux d’ici à 2050 », alors que 55 % de ces logements étaient chauffés avec ce combustible en 2023. « L’électrification sera spécifiquement accélérée » dans le logement social et « toutes les aides publiques pour les particuliers accompagneront l’installation de pompes à chaleur », a indiqué le Premier ministre, afin de diviser « par deux » le coût du chauffage.
Pour accompagner les Français dans l’électrification des usages d’ici à 2030, l’enveloppe « passera de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros par an », un montant « considérable », selon lui. Il a également précisé que cela « ne se fera pas avec de l’argent nouveau », mais en diminuant les dépenses énergétiques et en réorientant les « aides publiques » et privées vers l’électrification.
Le Premier ministre a aussi souligné que le gouvernement aidera à financer, à partir de juin, 50 000 véhicules électriques supplémentaires en leasing social pour les « gros rouleurs » touchés par la flambée des prix des carburants.
Il s’agit d’un premier jet qui ne va « pas assez loin », selon Sébastien Lecornu. Ses ministres travaillent déjà sur une deuxième version, plus aboutie. Nous devrions la découvrir d’ici peu.
Chaudière à gaz : que faire dans les logements collectifs anciens ?
Les habitations anciennes équipées d’une chaudière à gaz (chaudière basse température, chaudière à condensation notamment) peuvent conserver ce mode de chauffage.
Par ailleurs, en cas de réparation impossible et s’il n’y a pas d’alternative, elle pourra être remplacée par une nouvelle chaudière à gaz à condensation, souligne le site d’Engie.
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