Logement neuf et fortes chaleurs : le confort d’été devient un vrai critère d’achat
Nuits étouffantes, volets fermés toute la journée, télétravail impossible dès 15 h… Avec les canicules qui se multiplient, le confort l’été devient un vrai critère d’achat immobilier. Et sur ce point, les logements neufs prennent une longueur d’avance.
Le confort d’été dans l’immobilier : c’est quoi ?
Le confort d’été fait partie du confort thermique du logement. Contrairement au confort d’hiver, l’objectif n’est plus de conserver la chaleur, mais d’éviter qu’elle ne s’accumule à l’intérieur, notamment pendant les périodes de canicule.
Concrètement, un logement avec un bon confort d’été reste agréable même pendant des vagues de forte chaleur. La température intérieure monte moins vite dans la journée et redescend plus facilement la nuit, sans dépendre en permanence de la climatisation.
À l’inverse, lorsque la chaleur reste piégée dans le logement, l’inconfort s’installe rapidement et certains biens se transforment alors en véritables « bouilloires thermiques ».
Et le sujet est loin d’être anecdotique. Selon Santé publique France, près d’un logement sur trois serait aujourd’hui concerné par une forte surchauffe estivale. Les conséquences se ressentent rapidement au quotidien : sommeil perturbé, fatigue, inconfort permanent ou difficultés à télétravailler pendant les périodes caniculaires.
Un logement bien classé au DPE n’est pas forcément confortable en été. Certains biens très performants en hiver peuvent malgré tout surchauffer lorsqu’ils sont mal isolés ou protégés du soleil.
Pourquoi les logements neufs résistent mieux aux fortes chaleurs ?
Dans les logements anciens, le confort d’été dépend souvent des choix architecturaux réalisés à l’époque de la construction. Or, beaucoup d’immeubles n’ont pas été pensés pour faire face aux canicules actuelles.
Dans le neuf, la question est désormais intégrée dès la conception du bâtiment.
Les exigences de la RE2020 imposent aux promoteurs de mieux limiter les risques de surchauffe dans les logements neufs. Pour vérifier cela, un indicateur appelé « Degré-Heure » (DH) permet de comptabiliser les heures passées au-dessus des températures de confort, autour de 28°C en journée et 26°C la nuit.
Concrètement, plus ce score est faible, plus le logement reste agréable sans avoir besoin de recourir massivement à la climatisation. En dessous de 350 DH, le logement est considéré comme confortable en été. Au-delà de 1 250 DH, il devient non conforme réglementairement.
Pour atteindre ces objectifs, les programmes récents misent davantage sur plusieurs solutions passives, comme :
- des protections solaires extérieures capables de bloquer les rayons avant qu’ils ne chauffent les vitrages ;
- des matériaux offrant une meilleure inertie thermique, comme le béton, la brique ou la pierre ;
- des isolants avec un bon déphasage thermique, comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose ;
- une ventilation naturelle pensée pour favoriser le rafraîchissement nocturne.
Résultat ? Les logements neufs parviennent à conserver plusieurs degrés d’écart avec l’extérieur même pendant une période de fortes chaleurs.
Le calcul du score DH est réalisé sans prendre en compte la climatisation. L’objectif est d’encourager la construction de logements capables de rester confortables naturellement grâce à leur conception.
Canicule : les équipements neufs qui font vraiment la différence
Lors d’une visite dans un programme neuf, certains détails donnent rapidement une idée du comportement du logement en été.
Les protections solaires extérieures font partie des premiers éléments à observer. Les brise-soleil orientables, par exemple, permettent de limiter l’impact direct du soleil tout en conservant de la lumière naturelle dans le logement. Les volets roulants extérieurs ou les « stores screen » sont également plus efficaces qu’un simple rideau occultant place à l’intérieur.
L’agencement joue aussi un rôle important : un appartement traversant ou bi-orienté facilite la circulation de l’air et permet souvent de rafraîchir plus efficacement les pièces pendant la nuit.
D’autres équipements apportent un confort plus discret, mais très apprécié au quotidien :
- un plancher rafraîchissant couplé à une pompe à chaleur réversible ;
- des volets motorisés programmables ;
- une VMC double flux, qui améliore le renouvellement de l’air intérieur ;
- de la domotique permettant de fermer automatiquement les volets lors des pics d’ensoleillement, y compris quand vous n’êtes pas chez vous.
Ces équipements ne remplacent pas une bonne conception thermique, mais ils peuvent nettement améliorer le confort lors des épisodes caniculaires.
Le confort d’été peut-il influencer la valeur d’un bien ?
Le confort d’été ne joue plus seulement sur le bien-être au quotidien. Il peut aussi avoir un impact direct sur les dépenses énergétiques du logement.
Lorsqu’un appartement surchauffe dès les premières chaleurs, les occupants ont souvent davantage recours aux ventilateurs ou à la climatisation pour maintenir une température supportable. À l’inverse, un logement capable de conserver naturellement la fraîcheur limite les besoins de refroidissement et permet de mieux maîtriser sa consommation d’énergie pendant l’été.
Cet inconfort devient également plus visible au moment des visites : chaleur qui stagne, absence de protections solaires, mauvaise circulation de l’air… Certains défauts sautent immédiatement aux yeux pendant une période caniculaire, même dans un logement bien classé au DPE.
À l’inverse, les biens conçus pour mieux résister aux fortes températures gagnent en attractivité, notamment dans les grandes villes où les épisodes de chaleur sont plus fréquents et plus intenses.
Aujourd’hui, la performance énergétique contribue déjà à la « valeur verte » d’un logement, autrement dit à sa capacité à mieux se valoriser grâce à ses qualités thermiques et énergétiques. Avec la multiplication des canicules, le confort d’été devient un critère tout aussi important dans la perception et la valeur d’un bien immobilier.
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